Les Humains ont dans leur ADN deux brins : l’enracinement et le nomadisme

« Partir est autant synonyme de « croître » et « pousser » (une plante est bien/mal partie) que de « jaillir » et « fuser » (les rires partent en éclats). Notre vie n’est que mouvement. Se mettre en chemin ce n’est pas seulement mouvoir son corps mais aussi animer sa propre existence en lui donnant un soudain élan de vitalité. » Christophe Gérard, dans La Tribu du Vivant n°6.

Photo : Sophie Lysiak

En accompagnant un voyage apprenant à travers les fermes, l’Ecole d’Agroécologie Voyageuse bouscule, élargit la zone de confort des participant.e.s En se délestant d’objets et d’habitudes pesantes, en nourrissant le corps et l’âme de paysages, de rencontres et de manières d’être et faire l’agroécologie, en se connectant à la Terre peu importe l’écosystème , on se rapproche de l’essence du Soi qui ne peut exister que connectée au Tout. La reliance est la clé de l’agroécologie.

Partir, c’est entamer une lente mue personnelle, qui peut serrer le coeur, mais qui est souvent l’occasion de revenir à soi our mieux se relier aux autres et au Vivant. »

Christophe Gérard, La Tribu du Vivant n°6.

Mais alors, me direz-vous, partir, être nomade, est-ce compatible avec l’agriculture, éthymologiquement le fait de « cultiver le champ »? D’une part, l’agriculture n’existerait pas sans le nomadisme des peuples premiers. C’est le déplacement des Hommes qui a permis le voyage des savoirs et des plantes. Les Humains ont dans leur ADN 2 brins : l’enracinement et le nomadisme. Cet équilibre permet au nomade de trouver des repères dans chaque lieu où il s’arrête, et d’apporter aux fermes des idées, pratiques venues d’ailleurs. Ils sont les yeux et les oreilles des paysan.ne.s qui ne bougent pas beaucoup de chez eux. Ces dernier.e.s sont nourri.e.s par la visite du nomade. Les voyageur.eus.e.s permettent la pollinisation des savoirs faire de l’agriculture.

Tableau : O.Lysiak

Les paysan.ne.s, bien enraciné.e.s à leur pays, le connaissent par Coeur. Cette connaissance souvent viscérale leur permet d’adapter leurs décisions, leurs gestes, à une fine connaissance du Vivant, si spécifique à chaque terroir. En agroforesterie syntropique par exemple, le paysan saura observer les essences de plantes qui se développent naturellement sur un terrain, pour catalyser une succession d’espèces nourricières de la Terre et des Humains, adaptées à l’état de fertilité du lieu.

« Le mouvement autorise cet apport extérieur, ce flux qui nous alimente, éternelle régénerescence qui par le contact avec les autres nous recontacte au plus profond de nous »

« Se dé-partir c’est aussi se défaire d’une attitude ou d’un comportement. Partir, c’est entamer une lente mue personnelle, qui peut serrer le coeur, mais qui est souvent l’occasion de revenir à soi our mieux se relier aux autres et au Vivant » continue Christophe Gérard. Partir, pour le paysan, est clé, même si c’est une micro-aventure de 1 ou 2 jours. Le mouvement autorise cet apport extérieur, ce flux qui nous alimente, éternelle régénerescence qui par le contact avec les autres nous recontacte au plus profond de nous. Et si chaque pasyan.ne pouvait quitter son agroécosystème pour se défaire un peu de ce dont il n’a plus besoin pour rejoindre ce qui l’anime profondément, le grand Pourquoi de sa vie, de sa ferme ? Combien d’agriculteurs m’ont partagé l’énorme bouffé d’oxygène que constitue le dé-part de la ferme pendant 3, 6 jours même quand c’est pour le travail, pour une formation?

« Et si chaque pasyan.ne pouvait quitter son agroécosystème pour se défaire un peu de ce dont il n’a plus besoin pour rejoindre ce qui l’anime profondément, le grand Pourquoi de sa vie, de sa ferme ? »

Christophe Declercq, agriculteur du réseau de l’EAV, puise l’inspiration pour sa ferme dans le voyage et l’accueil de jeunes « agronomades ». Ici, une rivière de fleurs, pour réinviter la biodiversité dans ses parcelles.

L‘Ecole d’Agroécologie Voyageuse accompagne la mise en marche d’être Humains pour qu’ils et elles se frottent à l’inconnu et cheminent vers leur raison d’être profonde. Pour devenir des paysan.ne.s connecté.e.s à leur terre, parce qu’ils savent la quitter pour la regarder et la soigner autrement au retour.

« Se savoir en chemin, c’est là que se cache le Vivant »

Don Genaro

⛵️ Je remercie La Tribu du Vivant (voir ci-dessous) pour toute l’inspiration que ce magazine m’a donné pour me lancer dans l’écriture de cet article, et me connecter à l’essence de l’Ecole d’Agroécologie Voyageuse.

⛵️ Pour embarquer dans les 8,5 mois du programme Forêt l’Ecole d’Agroécologie Voyageuse c’est ici!